Terminologie de la Course à pied

            Cette page reprend les principaux termes utilisés dans le cadre de l’entraînement et pouvant poser des problèmes de sens. Son contenu peut être complété par celui de la page du secteur « histoire(s) » (histoires) qui rapporte les appellations assignées aux procédés d’entraînement dans une vision historique.

1. L’endurance

S’il est un terme qui revêt des sens différents c’est bien celui d’endurance. Nous donnons, ci-dessous, les significations les plus fréquentes de ce mot. Le sens commun applique le terme d’endurance à tout ce qui dure, ce qui se prolonge dans le temps. Une définition plus rigoureuse dit que l’endurance représente l’aptitude à résister à la fatigue.Partant de cette définition assez générale, les sens changent quelque peu selon les termes auxquels ils se raccrochent.

Si l’on fait le lien entre fatigue et efficacité, l’endurance devient la faculté à effectuer pendant longtemps une activité quelconque sans qu’il y ait baisse de son efficacité.

Si l’efficacité est réduite au maintien d’une vitesse de course (ou d’une puissance d’exercice), l’endurance devient la capacité à courir le plus longtemps possible, à cette vitesse sans s’arrêter. En généralisant, elle est la faculté à maintenir le plus longtemps possible un certain niveau de puissance. Par exemple, un coureur endurant courrait 50′ à 80% de VMA alors qu’un autre moins endurant ne tiendrait que 20′ à la même vitesse relative.

Appliquons cette définition à tout le registre de vitesses d’un coureur. Plus la vitesse augmente, plus le temps de course diminue. Cette décroissance du temps d’exercice lorsque augmente la puissance a servi à établir un indice d’endurance (tout sur l’entraînement/indice d’endurance). L’endurance devient alors la faculté à limiter la perte de durée d’exercice avec l’augmentation de puissance ou à ne pas trop perdre de vitesse lorsque le temps augmente.

En rapportant ce principe de perte de vitesse à un niveau d’exercice de référence, l’endurance devient la capacité à maintenir pendant un temps donné un haut pourcentage de cette référence. En course à pied, cette dernière est souvent représentée par la vitesse maximale aérobie. Si l’on impose une durée de course de 30′ à deux athlètes, le coureur endurant sera celui capable de tenir 90% de VMA pendant que l’autre ne tient que 80% de sa vitesse maximale aérobie.

Dans le domaine de l’entraînement, la fatigue a été assimilée à la présence ou non d’oxygène. Un exercice sans oxygène était fatigant, un exercice avec oxygène pouvait se continuer longtemps. Ce rapprochement entre les deux termes a amené à dégager un nouveau sens au terme « endurance ». L’endurance représente alors l’aptitude de l’organisme à utiliser l’énergie avec oxygène (physiologie/oxygène mais aussi dans ce secteur : aérobie).

Etant donné que le lien entre la filière aérobie et son niveau maximal semble aller de soi, l’endurance est devenue la gamme des intensités d’exercice situées sous la consommation maximale d’oxygène ou sous la vitesse qu’il lui est associée (VMA ou Vitesse à VO2max).

Signalons enfin que selon qu’on applique le terme d’endurance à un muscle, à un groupe de muscle ou à l’organisme en entier, cette qualité est dite locale, régionale ou générale.

2. La résistance

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Définition : la résistance représente la capacité à endurer la fatigue.

Nous voilà entrés dans un cercle vicieux. Résister c’est endurer la fatigue et endurer c’est résister à la fatigue (définition précédente) ! Ces « définitions en boucle » ont au moins le mérite de dire que les deux termes sont quasiment synonymes. Pour sortir de cette impasse, il nous faut trouver une autre définition.

Définition 2 : la résistance représente la qualité d’un corps qui réagit contre l’action d’un autre corps en se tenant ferme. Là encore rien de nouveau, nous aurions pu dire la même chose de l’endurance.

Peut être l’usage nous permettra-t-il d’établir une petite différence entre les deux termes ?

Bien que dans les deux cas, nous parlions d’un corps qui tente de supporter des forces qui tendent à abréger son action ; le terme de résistance fait implicitement référence à des forces plus importantes donc à une durée beaucoup moins grande. La résistance est souvent appliquée à tout ce qui tente de durer en dépit du fait que l’effort à fournir pour y parvenir est tellement élevé qu’il ne fait nul doute qu’il prenne fin incessamment.

La différence est ténue et peut se résumer au fait que dans le cas de la résistance :

– la durée de l’effort est moins longue que dans le cas de l’endurance

– la force à fournir est plus importante

Dans le domaine de l’activité physique, le terme de résistance a été associé à de nombreux autres termes.

Appliquée à la filière aérobie, la résistance représente le niveau haut de la filière aérobie (intensités proches du maximum aérobie) alors que l’endurance s’applique aux intensités modérées. Tous les exercices de fractionnés, d’intermittent, d’intervalles sont alors qualifiés de résistance alors que les footings lents et moyens constituent l’endurance.

Rq: l’entraîneur Serge Cottereau a même utilisé les termes d’endurance, de résistance douce et de résistance dure pour déterminer trois zones de travail aérobie.

Appliquée à la palette des puissances d’exercices, la résistance représente toutes les intensités d’exercices situées au-dessus du niveau maximum aérobie.

Enfin, la résistance a été appliquée à la vitesse maximale de course, au domaine psychologique…

Actuellement le terme de résistance tend à disparaître du vocabulaire sportif.

3. VO2max, PMA, VMA, vVO2max

La VO2max est la quantité maximale d’oxygène par unité de temps qu’un organisme est capable de prélever dans le milieu et d’utiliser. Elle peut être interprétée comme un volume appliqué à un intervalle de temps ou comme une consommation.

Vo2max2.0

La consommation maximale d’oxygène (VO2max) survient à une puissance d’exercice appelée puissance maximale aérobie (PMA).

Selon l’exercice effectué, la puissance exercée peut être mesurée dans différentes unités. La comparaison entre la puissance déterminée à partir de données physiologiques (VO2, chaleur…) et celle appliquée sur l’environnement (vitesse pour la course à pied) permet d’avoir une idée de l’efficacité technique du sportif (rendement). Cette efficience fait que, en dépit d’une même « puissance physiologique » dégagée par deux athlètes, un peut avancer plus vite que l’autre (il a un meilleur rendement).

Le rendement ou économie de course permet de faire le lien entre PMA et VMA.

La VMA peut être définie comme la vitesse de course permettant de solliciter VO2max.

Certains auteurs préfèrent parler de vitesse minimale de course permettant d’atteindre VO2max. En effet, toutes les vitesses de courses supérieures à VMA permettent théoriquement d’atteindre le maximum aérobie. En pratique ce n’est pas systématiquement le cas dans la mesure ou certaines durées d’effort tenues à des allures supérieures à VMA ne laissent pas le temps à la filière aérobie de s’activer complètement (un athlète de demi-fond n’atteint pas sa VO2max dans une course de 400m).

Pour limiter les ambiguïtés liées au terme VMA, certains entraîneurs et scientifiques préfèrent utiliser le terme de vitesse à VO2max (vVO2max)

Rq : à propos de la VMA, voir dans ce secteur la page traitant des qualités aérobies (aérobie).

4. Le seuil

Un seuil représente une limite au-delà de laquelle les conditions sont changées.

Dans la pratique sportive, l’idée de seuil a été le plus souvent rapproché des intensités de l’effort. Qu’est ce qui peut être changé brutalement avec l’intensité de l’effort ?

L’acidité, la production d’acide lactique, la ventilation, le rejet de gaz, la fréquence cardiaque, la foulée, le recrutement des fibres musculaires, l’activité électrique des muscles, la vitesse… ?

Partant des décrochages mesurés au niveau de différents paramètres physiologiques et observant que ces décrochages avaient tendance à se produire à des intensités d’effort proches, les scientifiques ont cru déceler un seuil à partir duquel l’exercice devenait subitement plus difficile.

En caricaturant, disons que ce seuil ou cette zone de transition doit se situer à des niveaux d’efforts proches de l’allure de footing rapide. A ces intensités, l’exercice peut être maintenu entre 30′ et 1 heure.

Derrière cette présentation simplifiée, il apparaît que si des seuils physiologiques existent bien, ils sont différents selon la variable mesurée et la méthode utilisée pour les objectiver. La conséquence est qu’il existe des dizaines de seuils lactiques, cardiaques, ventilatoire…

Par ailleurs, lorsqu’on raisonne au niveau plus englobant de la relation entre l’organisme et l’environnement, les seuils deviennent difficiles à observer. Ainsi, le rapport entre vitesses de course et temps de maintien de l’effort montre une évolution curviligne qui ne peut être apparentée à un seuil ou même à une zone de transition.

Il reste que le coureur qui entend parler de seuil doit penser footing rapide (zone jaune) et souvent « zone de transition » (et oui) entre exercices continus et entraînement par intervalles.

Rq : A propos de la notion de seuil voir dans le secteur physiologie, le seuil lactique (lactique).

5. Puissance et Capacité

La puissance mesure une vitesse de transfert ou un travail par unité de temps.

Appliquée à l’énergétique du vivant, la puissance devient la quantité d’énergie pouvant être fournie par un organisme à chaque unité de temps.

Les sportifs parlent plus volontiers d’intensités ou de vitesses. Chaque intensité d’exercice, chaque vitesse de course représente une puissance.

Une capacité représente un volume pouvant être contenu ou une quantité pouvant être fournie. Dans le cadre de l’exercice, il s’agit d’une quantité d’énergie pouvant être fournie par l’organisme. Cette quantité est supposée fixe à un moment et dans des conditions données.

Dans le cadre de l’exercice physique, une capacité qui ne serait pas actualisée dans un rapport à l’environnement resterait une pure abstraction. Pour se rendre compte de la quantité d’énergie pouvant être fournie par un organisme, il faut nécessairement amener ce dernier à « déverser » cette énergie c’est à dire à agir à une certaine puissance.

Le lien incontournable est fait. D’un côté un gros réservoir dont on ne peut connaître le contenu, de l’autre un robinet qui va permettre de le vider.

C’est parti, le robinet est ouvert ; l’énergie se vide à une certaine vitesse. L’ouverture du robinet représente la puissance de l’exercice. Elle détermine le temps qu’il faudra pour vider le réservoir.

C’est parce qu’une puissance est fournie qu’une capacité peut être évaluée. Cette dernière est le produit de la puissance par le temps qu’il a fallu pour vider le réservoir. Capacité = Puissance x Temps.

Ces trois termes sont indissociables. En pratique, une capacité énergétique se réduit à un temps tenu à un niveau d’effort donné. Nous rejoignons ainsi la notion d’endurance appliquée à une intensité préalablement fixée.

Appliquée à un ensemble fini (par opposition à infini) comme un organisme, la relation que le couple puissance – capacité entretient impose que les deux notions évoluent irrémédiablement en sens contraire. Quand la puissance augmente, la capacité diminue et vice versa.

Dans le domaine de l’entraînement, le couple capacité-puissance a vu son sens « déformé ». La puissance est devenue quelque chose d’intense et de peu durable tandis ce que la capacité a été rapportée à un processus long mais peu soutenu. Puissance signifiait qualitatif, intensité… et capacité quantitatif, volume.

Affublés de ces sens, les termes ont été appliqués à diverses notions. Rapportés à la filière aérobie, la puissance a représenté l’ensemble des intensités comprises entre le seuil et la VMA, alors que la capacité aérobie s’appliquait à toutes les intensités inférieures au seuil. Appliquée à un travail de VMA, une séance en puissance était effectuée à une allure légèrement supérieure à VMA et selon un volume plus limité qu’une séance classique ou de capacité…

Les termes de puissance et de capacité ont également été rattachés au travail de vitesse, de « résistance », aux différentes filières énergétiques (puissance et capacité lactique et alactique)…

Absolue et relative

Signalons, pour finir, que le terme « puissance » est utilisé, dans le cadre de l’entraînement, sous une forme absolue ou relative. Absolu, il se réfère seulement à une unité du système de mesure partagée par tous (par exemple le kilomètre par heure) ; relatif il renvoie à une valeur qui n’est valable que pour une personne (par exemple la VMA). Dans un cas le coureur se déplace à une vitesse de 15 km/h (puissance absolue), dans l’autre il progresse à 70% de VMA (puissance relative).

Quant à la capacité, répétons qu’elle est toujours relative à une puissance.

energetique-sport

Source: Volodalen & Amela

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